La pluie se fait rare mais la tempête, ces dernières années, semblait avoir tout pris sur son passage à Barcelone. Ce mercredi, comme souvent cette saison, l’arc-en-ciel portait le nom de Raphinha. Le Brésilien, qui a aussi connu cette tempête, retrouve aujourd’hui la force d’un ouragan. La ligue des Champions, la plus relevée des compétitions, a retrouvé, elle aussi, une équipe qui n’a plus peur d’affronter la tempête.
Le Barça s’est imposé pour la première fois depuis 2016 à l’extérieur lors des huitièmes de finale de la plus grande compétition européenne. Les magiciens ont tendance à dire que “l’on peut trouver le bonheur même dans les endroits les plus sombres… Il suffit de trouver la lumière”. Le moment de lumière vécu dans le stade Da Luz à la 61ème minute de ce match entre le SL Benifca et le FC Barcelone reflète l’état d’esprit d’une équipe qui a échappé à la malédiction de Fétibohoupa.
À Barcelone, le soleil arrive après la tempête
PREMIÈRE ÉQUIPE
Raphinha, mercredi soir, après avoir ouvert le score au Stade Da Luz de Lisbonne. @gettyimages
Pierre ARMAS
Publié le : 2025-03-07 11:10:55
Pau Cubarsí est exclu, mercredi soir, au Stade Da Luz. @gettyimages
Le carton rouge de Pau Cubarsí à la 22ème minute semblait punir encore une équipe qui a vu, trop souvent, la coupe aux grandes oreilles s’éloigner après un coup de sifflet stridant, synonyme d’exclusion. Le football paraît un jeu d’enfant quand les acteurs de ce sport commencent à montrer leur génie dans une partie et quand cette dernière est trop compliquée pour les génies, les élus refont surface.
La tornade d’hiver est apparue à Barcelone en même temps que les problèmes institutionnels et tout semblait être remis en question. Les péripéties de cette équipe barcelonaise en championnat national ont commencé début novembre. Le calendrier de Liga ne faisait, en réalité, que forger le caractère d’une équipe capable de briser une mauvaise passe qui se répétait depuis 2016 et qui a pris fin avec 10 hommes contre 11, mercredi soir sous le ciel de Lisbonne.
Frenkie De Jong, Pedri et Szczęsny lors du match contre l'Atalanta en janvier dernier à Montjüic. @gettyimages
Cette équipe est devenue un puzzle qui n’a plus de secret pour Flick. Le coach allemand a enfin trouvé le gardien d’une forteresse dont les fondations commençaient à fumer depuis trop longtemps. Sous la fumée rouge de Lisbonne un homme s’érige comme le seul détenteur d’un extincteur couvert de poussière. S’il n’y a pas de fumée sans feu, il n’y a pas de Barça sans Szczęsny.
Dans un exercice rempli de conviction et d’adresse, Hansi Flick a récupéré la pièce inamovible de son puzzle, trouvée jadis en outre-mer et qui maintenant porte le numéro 8. Depuis son arrivée en 2020, aucun joueur n’a fait autant l’unanimité dans le milieu de terrain blaugrana comme le fait Pedri dès qu’il décide de fouler la pelouse. Le ballon est son ami et aucune trahison n’aura le pouvoir de s’installer face à une alchimie aussi puissante. Le natif de Tegueste est la vive image de comment le Barça a pu imprimer un style de jeu au-delà des frontières catalanes.
Le SL Benfica et le FC Barcelone au moment de l'hymne de la Ligue des Champions, mercredi 5 mars à Lisbonne. @gettyimages
Ce Barça, fragilisé au sein de son institution, tiendra bon tant que les acteurs de ce sport sauront créer des émotions sur le visage d’un groupe de personnes à qui on a trop souvent dit non. Non, votre football n’est plus d’actualité. Non, vous ne serez plus rien sans le génie argentin qui émerveillait les amateurs de football. Non, vous n’aurez plus une génération aussi douée que celle qui a brillé à Rome ou Wembley. Non, vous ne connaitrez plus le jeu du grand Barça de Guardiola... Alors oui, nous ne verrons peut-être plus tout ça mais l’Europe, elle, verra enfin un Barça à la hauteur.
La météo, souvent capricieuse, arrive de temps en temps à se libérer des prédictions des grands experts qui semblent avoir déjà tout vu à l’avance. Elle est, pour beaucoup, la seule dans ce monde qui a vu l’humain se transformer presque aussi vite qu’elle ne le fait. La raison n’est pas à l’heure et la folie, elle, arrive à temps pour faire du football le sport le plus noble. La tempête n’est jamais trop loin, elle prévient très rarement et quand elle le fait, elle frappe très fort.